Lurbanisation En France Dissertations

Voici la correction d'une des compositions de géographie proposées à l'épreuve blanche anticipée d'histoire-géographie en Première scientifique

Sujet 1 – Les villes et leur importance pour le territoire français

Introduction :

-      L’accroche peut montrer l’importance du phénomène urbain pour la France métropolitaine, encore plus pour les territoires ultra-marins, où le chef lieu concentre une grande partie de la population : plus de 4 Français sur 5 habitent en ville.

-      Il s’agit ensuite de bien définir le terme de « villes », chose difficile car les limites entre espaces urbains et espaces ruraux sont de plus en plus floues. A la définition traditionnelle de l’INSEE (une agglomération comptant plus de 2000 habitants), on pourra préférer une définition du type : « lieu où se trouvent les hommes, les activités et les richesses et qui offre des services à une population plus ou moins proche ». Cette définition amène justement à s’interroger sur le rôle et l’importance des villes pour le territoire français, alors que la très grande majorité des villes françaises s’étendent dans l’espace et voient leur nombre d’habitants progresser.

-       La problématique, sans être très complexe,  doit ainsi pouvoir dépasser la simple reformulation du sujet sous forme interrogative (ex : « quelle est l’importance des villes pour le territoire français » ?). On peut ainsi se demander : quels sont les rôles que jouent aujourd’hui les villes en France qui leur permettent de rayonner sur le territoire ? ou comment se manifeste l’importance des villes sur le territoire français à différentes échelles ?

-      L’annonce du plan très rapide doit clore l’introduction.

 Le quartier de la Confluence à Lyon, un quartier en pleine restructuration, confortant le phénomène de métropolisation. 

 

 Le développement : Organisé en fonction de la problématique retenue, il doit comporter les idées suivantes, illustrées d’exemples précis, voire de petits schémas, intégrés dans la composition (démarche à valoriser, si le travail est soigné et... adapté au sujet !).

1. LA REPARTITION DES VILLES SUR LE TERRITOIRE FRANÇAIS (échelle nationale)

- Un réseau urbain relativement dense et homogène (hormis une zone centrale peu urbanisée) : beaucoup de villes moyennes qui structurent le territoire. Des villes nombreuses dans les zones de plaines, de bas plateaux, et surtout sur les vallées fluviales (vallée de la Seine / vallée du Rhône).

- Une hiérarchie entre les villes très marquée : une aire urbaine qui domine le territoire (macrochéphalie qui se retrouve aussi dans les DROM). Un réseau déséquilibré, qui manque d’agglomérations de taille importante)

- Mais des villes en plein dynamisme dans la partie Ouest et Sud de la France : forte croissance démographique, solde migratoire très positif, notamment grâce à l’arrivée de jeunes actifs, des aires urbaines qui englobent de plus en plus de petites communes aux alentours de la métropole principale (ex : Toulouse, plus de 400 communes dans l’aire urbaine, Lyon plus de 200 !).

 

2. DES VILLES A L’IMPORTANCE DE PLUS EN PLUS MARQUEE : LES METROPOLES REGIONALES (échelle nationale et régionale).

- Renforcement du rôle des métropoles sur le territoire français qui rayonnent de plus en plus dans l’espace.

- Les causes de cet essor des métropoles peuvent être mises en évidence : elles guident les réseaux de transports nationaux et régionaux (autoroutes, gares TGV, aéroports...), elles sont le lieu privilégié de l’implantation des services avec parfois des quartiers d’affaires et des centres commerciaux (Part Dieu, Euralille, plus modestement Châteaucreux). Elles concentrent les équipements collectifs qui permettent d’attirer les habitants : salles de concert, équipements sportifs, culturels... sur un vaste territoire.

- Il est enfin possible de voir les conséquences pour le territoire de ce rôle grandissant des métropoles : leur volonté de s’associer pour être plus efficaces et rivaliser avec la concurrence parisienne ou internationale, mais aussi leur mise en concurrence et aussi le fait que la concentration des activités en leur sein peut pénaliser les villes moyennes qui perdent des services (ex : tribunaux, casernes, services hospitaliers...).

(- Possibilité de signaler les différents types de réseaux urbains : réseaux multipolaires comme en Rhône-Alpes, réseaux dominés par une seule métropole comme en Midi Pyrénées ou en Aquitaine, réseaux à deux ou trois pôles équivalents comme en Lorraine...).

 

3. DES VILLES QUI MARQUENT LEUR EMPRISE A L’ECHELLE LOCALE : LE PHENOMENE D’ETALEMENT URBAIN

-  Un phénomène généralisé : les villes qui s’étalent dans l’espace et qui empiètent sur l’espace rural : implantation de zones d’activités, de zones pavillonnaires, de petits immeubles collectifs. La première conséquence est le renforcement de l’emprise urbaine sur le territoire français (qui est donc de plus en plus urbanisé). On peut aussi signaler le problème de la ségrégation spatiale que ce phénomène contribue à renforcer : les classes moyennes fuyant souvent les centres-villes pour s’installer en périphérie.

- on peut signaler les autres conséquences à l’échelle locale: mise en place d’équipements dans l’espace naguère rural (salles de sport, écoles, équipements de loisirs...), le renforcement des réseaux de transport vers la métropole qui entraine souvent la saturation des réseaux routiers aux entrées/sorties des métropoles et des problèmes qui désormais doivent être gérés de plus en plus à l’échelle intercommunale (gestion des déchets, question des transports collectifs...).

 

 La conclusion : courte mais qui doit exister !

 La France est un territoire de plus en plus soumis à l’influence des villes qui renforcent leur emprise spatiale et qui structurent de plus en plus les réseaux. Cette importance du fait urbain se lit à différentes échelles : elle conditionne la place de la France notamment en Europe avec la métropolisation (émergence de villes de province au rayonnement plus important comme Lille, Lyon, Marseille) mais aussi aux échelles locales avec les problèmes d’aménagement et d’inégalité spatiale que leur développement ne manque pas de susciter.  

 

En publiant cette Afrique en dissertations corrigées et dossiers sous la direction de Gabriel Wackermann, les éditions Ellipses réputées pour proposer des manuels de préparation aux concours d’excellente facture ne dérogent dans l’ensemble pas à cette heureuse tradition. Initiation par l’exemple aux méthodes de la dissertation et du commentaire de documents géographiques, ce manuel analyse au travers de nombreux textes toujours accompagnés d’orientations bibliographiques, la complexité socio-spatiale et les mutations territoriales de l’Afrique.

Professeur d’aménagement et d’urbanisme à la Sorbonne, auteur prolifique, Gabriel Wackermann a d’abord consacré sa réflexion au tourisme, aux transports et à leurs relations avant de privilégier la coordination d’ouvrages destinés à la préparation des concours, promesse sans doute d’un lectorat plus étendu. Il est également l’auteur d’une Géographie régionale (Ellipses, 2002) et d’une Géographie de la France (Ellipses, 2002) en collaboration avec G.-F. Dumont, qui a rédigé plusieurs textes dans le présent ouvrage. Une douzaine d’universitaires spécialistes ont en effet enrichi cette réflexion collective de leurs connaissances et leurs approches innovantes. Sur l’ensemble des textes proposés dans cet ouvrage, nous n’en avons retenu qu’un certain nombre qui nous ont semblé à la fois représentatifs et plus directement exploitables par un public d’étudiants ou d’enseignants.

Après avoir brièvement rappelé en introduction les grands enjeux de toute étude de l’Afrique : prise en compte à diverses échelles des traits d’ensemble et de l’extrême diversité de ce territoire, nécessaire immersion dans la réalité africaine ..., G. Wackermann formule dans une première partie quelques conseils de réussite quant à la réalisation de la dissertation et à l’exploitation du dossier documentaire, agrémentés de plusieurs références bibliographiques.

Dans la deuxième partie, il attire notre attention sur les grandes problématiques africaines : l’eau, l’agriculture, l’urbanisation galopante, les disparités économiques dans un contexte de forte croissance démographique, l’amorce de regroupements territoriaux supranationaux, les problèmes de chaque sous-ensemble et les multiples fléaux que sont les épidémies, le pillage des richesses, la tertiarisation, les enjeux géopolitiques ou les déstabilisations extérieures.

Dans la troisième partie consacrée aux concepts, théories et actions pour l’Afrique, J.-F. Troin, professeur à l’université de Tours, montre que malgré d’évidents traits communs (population majoritairement blanche, arabo-musulmane, urbaine, poids de l’économie pétrolière, du tourisme et de l’agriculture d’exportation...), les pays d’Afrique du Nord qu’il étend au Maghreb, à la Mauritanie, à la Libye et à l’Egypte, « fonctionnent assez peu latéralement » (p. 45) et manquent de cohésion. Une unité que seul le Sahara serait susceptible de réaliser selon lui. Directeur de recherche à l’I.R.D., P. Haeringer consacre un copieux dossier au nouveau concept d’« économie invertie », qu’il a forgé voici quelques années. Selon lui, la croissance urbaine produit par « ruissellement » des formes de mégapolisation qui s’accompagnent pour les populations comme prises au piège, d’une situation de « pauvreté majoritaire ». S’impose alors à elles l’impératif d’improviser des stratégies de survie, de subsistance : ainsi se dessine l’économie invertie, fruit d’une inversion du rapport entre économie et démographie. Pour stimulantes qu’elles soient, les analyses de portée générale de P. Haeringer souffrent d’un déficit de reconnaissance de la communauté scientifique et d’un manque d’exemples, notamment africains, pour être véritablement exploitables dans la perspective des concours. C’est à ce double titre que la place importante qui leur est accordée dans un tel manuel peut étonner.

De la quatrième partie dédiée aux rapports qu’entretiennent les sociétés avec leurs milieux, on retiendra notamment l’exposé que Jean-Pierre Besancenot, directeur de recherche au CNRS, consacre aux aléas, risques et catastrophes en Afrique. Après avoir dressé un inventaire des risques naturels ou d’origine anthropiques auxquels il associe les risques sociopolitiques particulièrement menaçants, il montre que l’Afrique n’est pas touchée également et que les milieux urbains sont particulièrement exposés. Dans un contexte économique défavorable, en l’absence de toute culture du risque, l’Afrique semble incapable de maîtriser seule son extrême vulnérabilité.

Dans la cinquième partie intitulée peuplements et démographie, G.-F. Dumont, professeur à la Sorbonne et directeur de Populations et avenir, propose une série de dissertations centrées sur les problématiques démographiques et assorties chacune d’une présentation méthodologique où il prend soin d’analyser les termes du sujet et d’en définir les bornes. S’interrogeant sur le degré de peuplement de l’Afrique, il penche pour un sous-peuplement relatif, surtout si on le rapporte aux ressources disponibles, théoriquement largement suffisantes. Malheureusement leur mauvaise exploitation pénalise autant le développement économique que le peuplement. Se demandant ensuite si l’Afrique obéit au schéma général de transition démographique, il montre qu’elle n’y déroge pas même si quelques pays se singularisent par le maintien d’une mortalité, notamment infantile, et d’une fécondité élevées. Parfois même, la mortalité progresse. Dans une réflexion consacrée aux migrations internationales en Afrique, il distingue les déplacements Sud - Nord, pour lesquels le Maroc constitue bien souvent un espace de transit, des déplacements Sud - Sud. Il montre que l’ampleur des migrations traduit l’insuffisant niveau de développement et les inégalités économiques ainsi que les tensions politiques. Evidemment, du futur politico-économique dépendra leur prolongation à ce niveau.

Co-écrite par G.-F. Dumont et G. Claude, chargé de cours à l’Institut d’Etudes politiques d’Aix en Provence, la sixième partie accorde une large place à l’urbanisation. Des deux exposés généraux : l’Afrique connaît-elle une urbanisation spécifique ? et surtout l’incontournable : les villes africaines, dynamisme, disparités et problèmes internes, plus exhaustif, on retiendra tout d’abord que l’Afrique a connu une croissance tardive mais rapide de sa population urbaine au point de compter aujourd’hui 35 villes millionnaires. Porté par un exode rural massif d’une population essentiellement jeune et, aujourd’hui surtout, par un fort accroissement naturel, ce processus d’urbanisation connaît de profondes disparités régionales héritées de l’histoire, notamment coloniale, et des choix économiques. Pour autant il apparaît singulier à plusieurs titres. Réalisé sans développement industriel, il n’a pas encouragé la conversion de l’économie de rente en une économie créatrice de richesses et susceptible de justifier un tel essor. L’économie urbaine se caractérise par le poids du tertiaire dit inférieur, des activités traditionnelles ou agricoles et de l’économie informelle (« l’économie invertie » corrigerait P. Haeringer ?). Aussi, l’insuffisant développement, le sous-équipement urbain (logements, transports collectifs, accès aux biens publics...) et les maux des villes (difficultés de circulation, pollution, insécurité...) en réduisent l’attractivité et menacent leur croissance, qui d’ailleurs donne des signes d’essoufflement. D’aucuns estiment même qu’elles seraient parvenues à un seuil de saturation et que l’Afrique pourrait conserver un taux élevé de population rurale. Longtemps marquée par des tendances macrocéphaliques jugées excessives, l’architecture urbaine tend à se rééquilibrer sous l’impulsion de politiques décentralisatrices visant à revitaliser les villes petites et moyennes et à en créer de nouvelles. Segmentée en autant de territoires singuliers, la ville africaine se caractérise par de très forts contrastes liés parfois à la géographie naturelle mais surtout à la spéculation foncière ou à des facteurs ethniques ou religieux en Afrique subsaharienne.

La dernière partie consacrée aux aspects socio-économiques porte essentiellement sur les façades maritimes de l’Afrique subsaharienne, leur desserte portuaire et sur le potentiel d’ouverture au monde et de développement économique qu’elles offrent aux pays enclavés.

S’adressant prioritairement aux candidats aux concours de recrutement et plus largement aux étudiants de géographie, la lecture de cet ouvrage profitera avantageusement aux enseignants qui y trouveront matière à renouveler leur connaissance et leur enseignement du domaine africain, de ses potentialités et de ses difficultés. A ce titre, la deuxième partie consacrée aux problématiques de l’Afrique est incontournable, tout comme certaines dissertations aisément réutilisables dans le cadre du programme de géographie des classes de collège comme de lycée. Présentées sous une forme éminemment didactique, les contributions de G. Claude, de J.-F. Troin ou de G.-F. Dumont constituent ainsi de remarquables synthèses. Voici donc un ouvrage intéressant et instructif à plus d’un titre en dépit de quelques déceptions. L’éventail des thèmes traités, certes relativement large, laisse néanmoins dans l’ombre certains aspects importants tout en accordant une place de choix à quelques sujets assez pointus, généralement présentés sous la forme de dossiers. Par ailleurs, l’organisation générale assez décousue est quelque peu déroutante. On comprend difficilement que l’Afrique du Nord trouve place dans la troisième partie ou que la dernière soit essentiellement réduite aux transports et aux débouchés maritimes. Plusieurs dissertations se chevauchent d’ailleurs assez nettement, particulièrement dans les deux dernières parties. Le casting éditorial semble avoir malheureusement prévalu sur le choix des contributions. On regrettera enfin quelques fautes de frappe ou d’orthographe sans doute imputables aux délais d’écriture et aux impératifs de bouclage.
Au total, sans néanmoins égaler la qualité de son homologue d’histoire médiévale ce manuel constitue un outil de travail adapté à la préparation des écrits. Malgré quelques imperfections, l’éclairage neuf qu’il propose en fait une alternative tout à fait sérieuse aux récentes parutions sur l’Afrique.

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